Le sénateur Franck Montaugé a adressé le 19 mars 2026 une question écrite au ministre de la ville et du logement au sujet de l’extinction progressive du groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains.
Texte de la question : M. Franck Montaugé appelle l’attention de M. le ministre de la ville et du logement sur la décision de mise en extinction progressive du groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains (GIP EPAU). Opérateur public interministériel, le GIP EPAU conduit depuis plusieurs années des programmes de recherche-action, d’expérimentation et de prospective dans les domaines de l’aménagement, de l’urbanisme, de l’architecture et de la transition écologique des territoires. Il constitue un outil original de l’action publique, favorisant le dialogue entre l’État, les collectivités territoriales, la recherche et les professionnels, en particulier au bénéfice des territoires les plus fragiles. Le 9 décembre 2025, lors d’une réunion interministérielle tenue à Matignon, le Gouvernement a décidé, sans concertation préalable ni débat parlementaire, la mise en extinction ou le transfert à l’administration de la quasi-totalité des programmes portés par le GIP EPAU à compter de 2026. Cette décision se traduit par une réduction budgétaire d’environ 70 % dès 2026, empêchant l’opérateur d’engager toute nouvelle dépense et conduisant de fait à l’arrêt ou à la fragilisation de dix programmes nationaux de recherche-action, parmi lesquels Quartiers de demain, Caravane des ruralités ou encore Érable (Élus par la recherche-action sur la biodiversité locale). Cette orientation, justifiée par des objectifs d’économies budgétaires et de simplification de l’action publique, dont le coût budgétaire est estimé à environ 7 millions d’euros ne peut se justifier au regard des conséquences dommageables qu’elle emporte : remise en cause de l’emploi de 21 agents, interruption de travaux associant près de 200 collectivités territoriales, 900 chercheurs et 1 200 professionnels, et affaiblissement durable de la capacité de l’État à accompagner les territoires dans leurs stratégies de transition écologique et d’aménagement durable. Cette décision suscite une mobilisation large et transpartisane d’élus nationaux et locaux, de chercheurs, d’architectes et de responsables institutionnels. Nombre d’acteurs soulignent que la disparition de l’activité du GIP EPAU, notamment au bénéfice des ruralités et des petites villes, entraînerait la perte d’un réseau national et pluridisciplinaire de plus de 250 chercheurs spécifiquement mobilisés sur ces territoires, ainsi qu’un recul préoccupant de la production de connaissances, alors même que les grandes transitions nécessitent des politiques publiques fondées sur l’expérimentation territoriale et l’appui scientifique. Dans ce contexte, il lui demande comment le Gouvernement entend assurer la continuité des missions de recherche-action, d’expérimentation et d’appui aux collectivités aujourd’hui portées par le GIP EPAU, et s’il envisage de suspendre cette décision afin d’ouvrir un débat parlementaire et une concertation avec les acteurs concernés, en vue du maintien de cet opérateur et de ses missions stratégiques au service des territoires et de la transition écologique.
Le Ministre de la ville et du logement lui a répondu le 2 juillet 2026.
Texte de la réponse : Le Groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains (GIP EPAU) a été créé pour conduire, en partenariat avec les collectivités territoriales, les opérateurs de l’État et le monde académique, des démarches d’expérimentation, de recherche-action et de prospective utiles aux territoires. Nul ne remet en cause la qualité scientifique des travaux conduits par le Groupement à vocation interministérielle. Depuis plusieurs années, l’État a considérablement renforcé les outils destinés aux collectivités sans préjudice de l’existence de dispositifs régionaux et intercommunaux. La responsabilité de l’Etat par son action publique est double : garantir la continuité des projets engagés et rationaliser l’organisation et la gestion de ses ressources. C’est le sens de la revue engagée en 2026. L’année 2026 sera consacrée à la finalisation des programmes en cours. La consultation « Quartiers de demain », dont les lauréats ont été annoncés fin 2025, ira à son terme avec une capitalisation et une valorisation des projets pour les territoires concernés. Un passage de relais sera réalisé avec les collectivités et les maîtrises d’ouvrage pour garantir la réussite des projets. En outre, afin de capitaliser sur le travail réalisé dans le cadre du dispositif « Quartiers de demain « dont l’objectif principal est de réfléchir sur les grands enjeux de transformation et de résilience des quartiers nécessitant l’intervention des acteurs publics en matière de renouvellement urbain, une réflexion est actuellement menée afin de déterminer les modalités d’intégration de ce dispositif à l’Agence Nationale du Renouvellement Urbain (ANRU) Il ne s’agit pas d’abandonner l’ingénierie territoriale, mais de l’optimiser afin de la rendre plus efficace, plus lisible et mieux articulée au service de tous les territoires. L’objectif est de recentrer les moyens publics pour un appui direct et optimal aux territoires, en clarifiant l’action publique et en renforçant le rôle de chacun.
